Suicide Allée sous la végétation – Inspirée des bandes dessinées l’Incal

2011

Pointes tubulaires, aquarelle, crayons de couleurs, feutres et encre de Chine

Illustration Suicide Allée sous la végétation - Bande dessinée Incal

Cette illustration est inspirée de l’univers de « L’incal », bandes dessinées illustrées par Moebius

L’Incal, par
Alexandro Jodorowsky

En résumé (merci Wikipédia), la saga dessinée l’Incal raconte l’histoire du minable détective privé John Difool qui reçoit, par un extraterrestre, l’Incal Lumière. Cet objet, qui ressemble à une petite pyramide blanche, détient des pouvoirs extraordinaires. Par conséquent,  l’Incal est recherché par de nombreuses factions de l’univers qui veulent l’utiliser pour leur propre intérêt.

Tandis qu’il tente de fuir, John Difool se retrouve, malgré lui, embarqué dans une aventure qui le dépasse totalement. Ainsi, il passera de déplorable détective à Sauveur de galaxies.

En savoir plus.

Une société imaginaire ?

Alors qu’au moment de cette illustration, je n’avais pas encore eu l’occasion de lire l’intégralité des livres, l’univers qui en découle m’a interpellée. En effet, dans cette dystopie future, toutes sortes de créatures vivent ensemble : extraterrestres, humains, humanoïdes, êtres synthétiques, etc. La diversité des créatures est incroyable et l’enchevêtrement de mondes et de galaxies montre l’imagination débordante d’Alexandro Jodorowsky.

Cependant, c’est un monde aux allures apocalyptiques qui défilent sous nos yeux. Chaque personnage se livre à toutes les addictions et orgies possibles afin d’effleurer un bonheur inaccessible. En effet, les personnages, comme John Difool, semblent avoir baissé les bras quant à la possibilité de donner un sens à leur vie. Tentant d’oublier leurs conditions de vie, la prostitution, la drogue et l’alcool sont devenus des principes de vie.

Bien que ce monde soit imaginaire, il est facile de comprendre que l’auteur a voulu décrire une satire de notre société et de tous les hommes qui la compose : de celui du peuple jusqu’aux plus puissants en passant par les aristocrates.

Les dessins, exécutés par Moebius, possèdent des tracés noirs, des hachures stylisées à la façon des gravures et des aplats de couleurs. Cette ambiance artistique accentue l’univers brutal et réaliste des bandes dessinées.

Pourtant, dans ce monde illustré, l’Incal, cette puissance mystique, aux côtés du jeune détective, pourrait bien sauver l’univers.
Aurions-nous, nous aussi,  un Incal universel et sauveur ?

Image de la bande dessinée « Suicide allée » – Jodorowsky et Mœbius

Suicide Allée

Dans la ville où se trouve le détective, se trouve un « puits » formé par d’immenses immeubles entourant un lac d’acide : Suicide allée. Ceux qui n’ont plus le courage de vivre, se jettent alors d’un des immeubles et meurent, soit par un coup de feu tiré par l’un des habitants qui « s’amusent » à abattre les suicidés avant la fin de leur chute, soit en tombant dans le lac d’acide. Non seulement, cet endroit porte un nom morbide qui souligne la récurrence des suicides mais il est finalement devenu une attraction plutôt qu’une source d’inquiétudes.

En regardant notre monde actuel, il est fort probable que nous nous dirigions vers ce mode de vie apocalyptique.

Ma vision du puits

J’ai alors imaginé cette allée, et toute la cité, abandonnées depuis des siècles. La végétation aurait alors naturellement repris sa place. J’ai préféré utiliser l’aquarelle et le feutre pour les bâtiments afin de mieux retranscrire les matières lisses comme la tôle, la pierre taillée ou le fer. Tandis que je me suis servi des crayons de couleur pour les végétaux afin d’avoir plus d’effets de matières grâce au grain.

Mon challenge de l’époque était de pouvoir représenter l’effet de perspective de ce puits sans fond ainsi que les différents étages des immeubles. Même si le format était relativement raisonnable (plus petit qu’un A4), je me rappelle encore aujourd’hui que cette illustration fut assez longue à réaliser étant donné les nombreuses informations qui y figurent.

Néanmoins, pouvoir m’inspirer d’une oeuvre de Moebius fut un réel plaisir.

J’espère, je souhaite, je prie pour que cette fiction ne soit pas prémonitoire et que notre monde ne finisse pas en sociétés d’âmes perdues dans une course aux bonheurs éphémères.

Puissions-nous lutter chaque jour pour vaincre la haine et la médiocrité.

Plume de Boubou

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *