Un autre regard sur le monde et sur soi

Juillet 2019

«J’ai un visage sous ce masque mais ce n’est pas moi.
Pas plus que la chair et les os qui le compose.» V dans V pour Vendetta

Un autre regard

Le 25 octobre 2014 marque le début du changement de mon regard sur moi-même. Ce jour-là, je rencontre l’honnêteté, la patience et la bienveillance. Toutes trois, et bien plus encore, sont réunies en un seul homme. Et cet homme, de par ces yeux et son amour, va me réapprendre à me regarder. C’est à cette date que commence mon long et ardu voyage où je vais me trouver, me retrouver, faire la paix avec les autres, mais surtout et avant tout avec moi-même.

Mon corps, ce héros

Marion Seclin

Regard sur ces filles

Avant, je faisais partie de ces filles qui pensent qu’elles ne trouveront personne avec qui partager leur vie parce qu’elles ne renvoient pas une image acceptable de la femme. Je pensais, comme ces filles, que les rondeurs (ou même la maigreur) ne sont pas conventionnelles et donc pas tolérables. Comme elles, j’étais prête à tout pour un peu d’attention. Je faisais partie de ces filles qui acceptent le rejet des autres parce qu’elles-mêmes rejettent leur reflet dans le miroir.

Ainsi, je faisais partie de ces filles, encore trop nombreuses aujourd’hui, qui se jugent, se martèlent, se détruisent; physiquement, moralement, consciemment, inconsciemment. Se torturant un peu plus chaque jour parce qu’on a réussi à les persuader que, tant que leur image n’obéira pas à des normes culturelles, imposées mais inventées, elles ne mériteront ni amour ni bonheur.

Je faisais partie de ces filles qui se détestent, se forgent une carapace et font croire que tout va bien.

Je faisais partie de ces filles….

Mais… tu es belle !

Cela fait maintenant quelque temps que j’ai enfin accepté l’idée même d’être jolie. Celle-ci a mis beaucoup de temps à germer dans mon esprit. Déjà, parce qu’on a cette fâcheuse manie à diaboliser le concept de se trouver beau. Il est bizarrement inconcevable de se valoriser même si on ne souhaite écraser personne, même si on ne dit pas «Je suis meilleur(e) que…». Le simple fait d’établir un constat positif sur soi-même est mal perçu. On nous répète tout le temps, de ne jamais écouter les autres et de «savoir ce que l’on vaut». Pourtant, essayez, au sein d’un auditoire qui vous connaît voire au sein de vos proches, de vous faire un compliment «neutre» (dans le sens où il n’y a pas de notion de supériorité). Même avec le ton le plus sage, il est peu probable que les réactions soient toutes positives ou encourageantes en retour. Partant de là, il est difficile de se trouver et de s’approuver de réelles valeurs.

Détruisez ce tabou, ce bâillon qui vous empêche d’apporter un regard positif sur vous. Oui, vous êtes beaux, oui, vous êtes doués, oui, vous avez de la valeur et vous valez la peine d’être aimé. Et s’il vous est encore trop difficile de vous complimenter, dites-vous simplement : pourquoi pas ?

C’est ainsi que mon voyage a débuté : lorsque j’ai accepté qu’on pouvait m’apprécier. Et pourquoi pas ? Pourquoi ce serait si étrange et inacceptable après tout ? Suite à ce questionnement perpétuel et grâce à cet homme avec qui je partage à présent ma vie, j’ai accepté l’idée que je pouvais être belle. Pour moi, pour lui. Pas pour tout le monde c’est certain mais pour quelques-uns et c’est déjà bien suffisant.

Corps & esprit, changement de vie

Mon acceptation de moi-même est aussi passé par le constat que le corps et l’esprit sont deux entités bien distinctes. En effet, nous avons énormément de mal à nous détacher d’une apologie du corps et nous avons tendance à croire que celui-ci reflète qui nous sommes, ce que nous avons été et ce que nous serons.

En réalité, le corps n’est que le réceptacle de notre esprit, il n’est pas un miroir mais le support de ce que nous sommes, de ce que nous avons été et de ce que nous serons. La différence réside dans le fait que les cicatrices, les marques, les tatouages, les (dé)formations sont les résultats de choix ou de conséquences. En aucun cas, ils ne peuvent réellement dire ce que nous vallons au plus profond de nous-mêmes. Nous ne devrions pas être jugés ni juger sur le physique. Il faut considérer le corps comme l’habitacle de notre esprit, de nos pensées, de nos valeurs. Ce sont eux qui nous définissent et traduisent qui nous sommes réellement.

J’ai donc arrêté de penser que ma physionomie était une bonne raison de rejet et j’ai ainsi commencé à prendre soin de mon habitacle pour mieux protéger mon esprit et ses valeurs.

Un autre regard sur la beauté

J’ai aussi compris que la beauté n’est pas le synonyme d’apparence mais qu’elle est le ressenti que nous avons par rapport à une personne et à une ou plusieurs de ses particularités. Par exemple, un trait de caractère, un attribut physique ou mental, un regard, un sourire, une capacité, une qualité, etc. Alors, ce qui peut nous rendre beaux aux yeux de quelqu’un est bien plus important et bien plus complexe que la simple définition qu’on lui accorde. Car la beauté fait appel à nos sentiments et à nos émotions personnels.

J’ai ainsi saisi le sens d’une liberté individuelle qui devrait être une ligne de conduite universelle : chacun peut faire ce qu’il veut de son corps et de comment il veut le faire paraître tant qu’il ne nuit pas à lui-même ou à autrui.

J’espère qu’à travers ces quelques lignes, ces futurs articles, par mon vécu et mon voyage, je pourrais vous montrer comment réapprendre à vous regarder avec l’honnêteté et la bonté d’un enfant. J’espère vous donner quelques moyens pour (re)créer les liens avec vous-même et vous permettre de vivre libérés de toute pression sociale.

N’oubliez jamais qui vous êtes ni les valeurs qui vous tiennent à coeur car peu importe comment vous êtes, vous êtes beaux, tellement beaux !

Plume de Boubou

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    • Plume de Boubou

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