L’entourage

Novembre 2019

«Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es» Miguel de Cervantès

Les regards, les autres

Les autres ont une influence considérable sur notre perception de nous-même. Même si nous voulons vivre sans nous préoccuper de leur regard, chaque décision inclue la question «Que penseront les autres ?». Et cela même si, finalement, nous prenons nos propres décisions.
Peut-être que la solution serait d’estimer seulement ceux qui nous estime ?
Et si, enfin, nous écoutions seulement ceux qui nous écoute ?

La grossophobie

Anouch

Individus & individuel

Les opinions les plus douloureuses et pourtant les moins importantes sont celles des inconnus. Par exemple, quand nous sortons de chez nous et que les autres se retournent sur notre passage parce qu’ils nous trouvent différents et se donnent le droit de nous juger. Dans ces moments, nous nous sentons noyé dans un océan de critiques invisibles où chaque goutte blesse comme des milliers de petites lames.

Parfois, c’est pire : les regards critiqueurs prennent la voix. Et ces voix sont comme des bombes qui explosent dans notre tête ainsi que dans notre coeur.
Pourquoi accorde-t-on de l’importance à ces inconnus ? Parce que nous nous disons qu’ils sont neutres et donc qu’ils ont raison ? Or, peut-on juger une personne sans connaître son histoire ? Peut-on déterminer qui est telle personne, quelles sont ses pensées, ses envies sans même connaître son nom ?
Il existe même des individus qui se permettent d’être blessant voire insultant, tout en estimant que leur comportement est «justifié», parce qu’ils sont persuadés de nous donner de bons conseils.

N’oubliez jamais que la seule personne qui a le droit de vous juger, c’est vous-même.

Les autres : les cercles privés

Le système pédagogique : le plus intolérant

L’éducation a surtout un rôle de standardisation dans le sens où tout le monde apprend les mêmes informations, doit se comporter de la même manière et être compétent dans les mêmes domaines. Ce système d’apprentissage reste longtemps cru avant que nous puissions y apporter notre opinion ou notre savoir-faire. Ainsi, au lieu de révéler la force de chacun dans la durée, nous avons simplifié et standardisé l’éducation en plaçant chaque être humain sur le même plan. De fait, si nous sortons de cet archétype préfabriqué de développement personnel, nous sommes pointés du doigt voire victime de moqueries Malheureusement, nous passons tous par ce monde de l’uniformité. Il devient alors très difficile de se valoriser et de faire de ses différences, des forces.

Les (vrais) amis : le plus ambiguë

Entre ceux qui ont peur de nous blesser, ceux qui nous survalorisent, ceux qui nous soutiennent, ceux qui essayent de communiquer et ceux qui sont un peu trop directs, il est très difficile de s’y retrouver. Dans cette tornade de doutes où on ne sait pas qui a raison, il y a cependant une part de sincérité et surtout d’amour chez chacun d’entre eux. Les amis – les vrais, j’insiste sur ce point – restent toujours à nos côtés, et nous connaissent vraiment, au-delà de toute perception. Merci à eux de voir ce qu’il y a de plus beau en nous. Tentons de les écouter en prenant le recul nécessaire pour bien et comprendre ce qu’ils veulent nous dire.

La famille : le plus maladroit

Ce cercle est tout d’abord influencé par le cercle éducatif et, parce qu’elles sont partagées entre l’amour qu’elles ont pour nous et la peur que nous nous sentions rejetés, les personnes de ce cercle peuvent être maladroites. En effet, il est facile de penser que nous serions heureux si nous sommes acceptés par les autres parce que nous rentrons dans le « moule« . Personnellement, j’ai mis du temps à comprendre que «Ne fais pas ci», «Ne mange pas ça», «Tu devrais faire ça» n’étaient pas des jugements brutaux mais la preuve d’un amour inconditionnel déformé et pétrifié par un possible rejet des autres.

Je pense surtout aux parents, qui nous aiment et veulent le meilleur pour nous. Cependant, ils ont aussi humains et ont peur pour nous. Comment saurais-je à mont tour, lorsque je serais mère, ce qui est le meilleur pour mes enfants et en même temps être sûre qu’ils se sentent bien ? J’espère pouvoir faire la différence entre ce qui est bien pour eux et ce que les autres pensent être le mieux.

Seul(e) et à plusieurs

Je reste persuadée que si nous souhaitons apporter des changements en nous, que ce soit notre manière de vivre, notre corps ou notre façon de penser, il y a deux règles essentielles.

La première c’est que si nous entreprenons le moindre changement dans notre vie, nous devons le faire pour nous-mêmes parce que nous vivons pour nous, avec les autres, et non l’inverse. Cela signifie que si vous souhaitez changer : maigrir, grossir, avoir les cheveux blancs, avoir une vie plus saine, être plus responsable, être percés, etc. Faites le pour vous sentir bien avec vous-même et non pour obtenir une approbation ou pour provoquer une réaction chez les autres.

La seconde règle, c’est qu’il faut bien s’entourer. S’embarquer dans l’aventure du changement peut être extrêmement laborieux, semée d’obstacles. Parfois, vous pourrez fléchir, vouloir abandonner, avoir d’énormes doutes quant à votre réussite. Cela m’est arrivé plusieurs fois.

Mais si vous trouvez une personne, ou deux, ou une même une communauté, pour vous suivre à chaque instant et être là dans les bons mais surtout dans les mauvais moments, cette aventure vous sera plus accessible.

Mon autre à moi

Pour parler de mon voyage personnel, j’ai eu cet homme, dont je vous ai déjà parlé, qui m’a toujours soutenue. Il m’a relevée quand je trébuchais, a séché mes larmes et a félicité mes efforts. Ce qui m’a vraiment aidé, c’est qu’il ne m’a jamais assommée de conseils et ne m’a jamais dit ce que je devais faire, tout en restant sincère et honnête. Il m’a laissé effectuer mon voyage, combattre mon moi intérieur, seule. Néanmoins, il était là à chaque pas que je faisais. Le fait que je puisse effectuer ma traversée seule mais accompagnée de cette bienveillance extérieure et perpétuelle m’a permis de comprendre comment je pouvais changer pour MOI et AVEC les autres.

Puissiez-vous trouver, au moins une personne, qui pourra être votre meilleur ami, votre roc, votre soutien. Le mien m’a sauvé la vie.

Nous naissons, grandissons et évoluons dans un monde où nous sommes obligés mais où nous avons aussi besoin de fréquenter d’autres individus. Cependant, nous oublions que nous ne sommes pas obligés de tous les écouter.

Nous oublions également que toutes les règles d’éducation, notamment celles nous obligeant à être égaux dans certains domaines de compétence, ne sont pas forcément applicables à chacun d’entre nous. En effet, ne dit-on pas qu’il faut de tout pour faire un monde ? Rappelons-nous que ces règles sont plutôt destinées à nous aider à cohabiter ensemble.

Et puisque nous devons coexister, permettons-nous de choisir les bonnes personnes qui rentreront dans notre cercle privilégié.

Plume de Boubou

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